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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 18:47

Ce n'est pas la première fois que je suis confrontée à des remarques de collègues sur la faiblesse féminine. Ou plutôt, sur la force masculine. Mon travail nécessite assez souvent de porter des charges, et bien qu'encadrée par des règles strictes (limite de poids à porter seul, etc...), cette tâche donne le plus souvent lieu à ce qu'on peut bien appeler un concours de bites. "Ah, ben vous avez voulu l'égalité des sexes, ben porte-la ta caisse!"

Evidemment, il est plus facile pour un homme d'1m80 de porter une lourde charge qu'une femme de 1m60, on ne peut le nier. Mais je ne digère pas que certains s'en rengorgent comme la justification de la domination masculine. Ne serait-ce que parce que tous les hommes ne font pas 1m80 ni ne sont capables de porter 35 kg sans se blesser. Et que toutes les femmes n'ont pas besoin qu'on les aide pour porter ces 35 kg.

Pourtant, les hommes qui m'ont pris à partie sur ce sujet - sujet sensible apparemment - ont toujours écarté violemment cette vérité. D'autant plus étonnant que ces hommes étaient presque toujours plus petits que moi... et pas forcément plus costauds. J'ai d'abord voulu rire de ce paradoxe, de ces petits bonshommes trépignants qui me soutenaient qu'une femme n'était pas destinée à porter de lourds équipements, que c'était bien normal à ce titre que certains métiers soient réservés aux hommes, et que le féminisme est vraiment une connerie.

Puis j'ai vu tout ce qui se cachaient derrière ces diatribes. Dans notre société partriarcale, même lorsqu'à priori il ne satisfait pas à tous les stéréotypes de virilité (force, mécanique, football, bière, etc...), un homme appartient au groupe dominant, par défaut en quelque sorte. Et il semblerait que toutes les qualités que la société attribue au groupe dominant lui échoient aussi comme par procuration. (C'est un peu le fameux "On a gagné!, bien connu des supporters chauvins). Mais si ces qualités s'avèrent détenues par des membres des groupes dominés? Voilà qui retirerait un certain nombre de prérogatives au dominants, surtout à ceux qui ne s'attribuent ces qualités que par procuration.

Je comprends ainsi la colère de mes collègues qui voulaient m'empêcher de porter une caisse, constater que je la portais avec le sourire après avoir passé outre leur interdiction. Si on permet aux femmes de montrer qu'elles ont les mêmes capacités que les hommes, comment justifier encore la supériorité masculine?

C'est ainsi que j'arrive à la suite de mon histoire. Chacun sait que la fonction crée l'organe: avec un peu de pratique (et la bonne technique) on arrive à s'entraîner à porter des pièces plus lourdes. Or, dès l'enfance on décourage l'effort physique chez les filles, en les convaincant qu'elles sont faibles et que les garçons sont plus forts. Déjà que les femmes sont plus petites en moyenne à l'âge adulte, pas de risques qu'elles développent leur force dans leur jeunesse... Et pour celles qui persisteraient? Une de mes collègues aime pousser de la fonte et a atteint un certain niveau. Pensez-vous que les hommes de son équipe, si prompts à grogner contre les "petites nanas qu'on doit aider en permanence", soient heureux qu'elle soit aussi forte qu'eux? Oh que non: "Oh, celle-là... c'est pas une vraie femme!" grommellent-ils.

 

Exclure a priori les femmes car elles manquent d'une compétence (force physique, orientation, mathématiques, ambition, résistance au stress...) supposément masculine.

Les empêcher par tous les moyens d'acquérir cette compétence ou d'en faire preuve.

Si elles réussissent malgré tout à démontrer leur compétence, réagir par l'ostracisme; arguer que ce n'est pas féminin.

Attendre que les femmes s'excluent elles-mêmes.

 

La boucle est bouclée.

 

http://www2.pictures.gi.zimbio.com/Olympics+Day+1+Weightlifting+BxTg1OQO9cEl.jpgMélanie Noël détient le record de France d'haltérophilie dans la catégorie -48 kg: 100 kg en épaulé jeté et 78 kg à l'arraché. Voilà voilà. (Photo trouvée ici)

 

 

 

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 21:03

Les médias se sont beaucoup occupé de la féminité des joueuses du XV de France, lors de la Coupe du Monde de rugby de cet été (qui par ailleurs a été un succès médiatique). Mais, rassurons-nous: ils s'accordent tous à dire que les rugbywomen aiment le maquillage, le vernis à ongle et le rose, et qu'on peut jouer au rugby et être féminine.

On peut? Ou plutôt on DOIT "jouer au rugby et ETRE FEMININE"...

Tout d'abord je vois la louable volonté des instances du rugby de recruter des femmes, et donc de mettre à mal les clichés qui - entre autres choses - tiennent les femmes à l'écart des terrains. Effectivement, les rugbywomen n'arborent pas systématiquement coquards et oreilles en chou-fleur, et sont de gabarits très variés (voire bien plus variés que chez les garçons). Néanmoins, il suffit de suivre un des matchs du XV féminin pour constater que les joueuses sont ahtlétiques, mais pour autant ressemblent bien à des femmes. Est-il donc nécessaire de le rabâcher à longueur de reportages? D'autant que les freins réels à la pratique sportive des femmes sont bien plus profonds qu'une simple histoire de brushing.

En réalité c'est aussi et surtout la volonté - logique - des chaînes TV et des annonceurs de nous vendre le spectacle qu'ils nous proposent. Il ne s'agit donc plus seulement de faire rêver les potentielles jeunes recrues et leurs parents: il faut attirer le chaland. Certes, les Bleues sont charismatiques, attachantes et talentueuses, mais cela ne semblait pas suffire. En sport, comme dans bien d'autres domaines, on n'accorde jamais autant de reconnaissance aux femmes que lorsqu'elles sont glamour. Et surtout bien conformes aux normes: et les journalistes d'insister sur le fait que l'une des joueuses est "maman", et que Marie-Alice Yahé, l'ancienne capitaine, est mariée à un rugbyman, et j'en passe.. La joueuse Koumiba Djossouvi n'hésite d'aileurs pas à affirmer, dans une interview pour Madmoizelle, qu'"il y a une pression à montrer sa féminité".

Oui, le cliché de la "rugbywoman lesbienne camionneuse" est faux et il faut le dire. Mais la manière dont c'est dit aujourd'hui dans les médias sous-entend qu'être lesbienne, ou camionneuse, ou garçon manqué, est un problème. En gros, nous pouvons pratiquer à l'envi boxe, judo ou rugby si ça nous chante, (ça marche aussi avec travailler sur un chantier ou dans les champs), mais à condition de RESTER FEMININE (et hétéro).

Et les nanas pas féminines alors? ou bien trop grandes, ou trop costaudes, ou qui ne se maquillent pas?


Je préfère ainsi m'attarder sur ces mots d'Assa Koita (le Parisien): "si elle écarte ses adversaires par la puissance (1,82 m, 100 kg), c'est d'un sourire et d'un éclat de rire qu'elle éloigne les clichés sur le féminin. [...] Une amie m'a proposé de tester le rugby en sport loisirs. J'avais peur que ce soit trop violent. J'ai pourtant essayé. A la fin de ma première séance, l'entraîneur m'a dit : Tu peux finir en . J'ai pensé qu'il se fichait de moi. Mais, au bout de quelques mois, j'ai compris que mon gabarit était utile et j'ai commencé à y croire. »"

Tout est dit: au lieu des les brider en ne leur proposant qu'un modèle unique de féminité, encourageons plutôt les jeunes filles à pratiquer une activité qu'elles aiment et qui les fait se sentir à leur place.

 

 

http://www.attituderugby.com/wp-content/uploads/filles-rugby3.jpgPhoto trouvée ici - Attituderugby.com

 

 


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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 12:41

 

Lorsque Clara écrit à Picsou Magazine "Pourquoi les garçons ne sont pas habiles avec les bébés?", on lui répond qu’"ils sont plus habiles avec leurs pieds et un ballon. Et toi, tu te débrouilles comment sur un terrain de foot ?" Bim! @_Aenki a transmis ceci sur Twitter et heureusement ce n'est pas totalement passé inaperçu (Sophie Gourion en a fait un billet sur Tout à l'ego ).

 

D'une part, ça m'estomaque qu'on puisse encore sortir, en 2013, que les hommes ne s'occupent pas des bébés un point c’est tout, quelques jours après le vote du projet de loi sur le congé parental. Ensuite: les garçons ne s'occupent soi-disant pas des bébés, parce que leur truc c'est le foot. MAIS QUEL RAPPORT? Est-ce que la personnalité d'un être humain se construit en package? Foot/Bière/Bagnole, Bébé/Shopping/Smoothie, Cinéma/Télérama/Chablis?

Je pense évidemment aux caractères supposément masculins ou féminins, mais ça va plus loin. Va-t-on en finir un jour avec cette catégorisation simpliste, qui s’appuie sur les préjugés et a le mérite de ne pas faire trop réfléchir? Devrais-je encore longtemps entendre : "Han, trop bizarre, tu fais du foot et tu lis Malraux!" (car c'est bien connu, une fois qu'on a compris le hors-jeu on a grillé tous ses neurones) ou au contraire : "Pas étonnant que tu fasses du foot, vu que tu es ingénieure" (sous-entendu je suis un peu devenue un mec).

Que les plus jeunes essaient de se construire un personnage basé sur leurs centres d'intérêts, c'est plutôt normal pour s'affirmer. Mais on est en droit d'attendre des adultes qu'ils appréhendent leurs pairs - et eux-mêmes - comme des êtres humains complexes, non comme des caricatures. Réfléchissons, bordel!

  

 

 

Autres billets en rapport:

Poncifs et préjugés (3): le niveau du sport féminin est trop faible

Cruche ou cageot, choisis ton camp! (ou la dévalorisation des femmes)

Egalité des sexes = uniformité?

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 18:30

C'est la Journée de la Femme et la rédaction du journal l'Equipe n'a fait ni une ni deux. Il faut frapper un grand coup pour souligner les inégalités persistantes dans le monde du sport. Accrochez-vous bien: pour le 8 mars, l'Equipe demande aux femmes de la rédaction d'élire... leur sportif préféré. Et comme ni elles ni les lectrices ne semblent capables d'apprécier des qualités sportives, on fait la part belle au physique.

On croit rêver non?

Un palmarès des championnes préférées de la rédac, ç'aurait été trop demander? Finalement, je ne préfère pas si c'est pour voir un énième diaporama des "déesses du stade"...

A ce niveau ce ne sont même plus des oeillères. Je pense sincèrement que ces messieurs-dames de la rédac ignorent complètement que les femmes aussi font du sport, qu'elles aussi gagnent des titres et que le spectacle en vaut la peine.

Après on s'étonne qu'il y ait encore des milliers de personnes qui ne savent pas que le tournoi des 6 Nations existe aussi au féminin, et encore moins que les françaises font un super parcours cette année. Parler du France-Angleterre féminin, qui aura lieu en France et qui sera diffuse sur France 4, histoire d'attirer quelques supporters, ça aurait fait un article avec beaucoup moins de paillettes, mais bien plus d'esprit sportif.

 

http://news.bbcimg.co.uk/media/images/58702000/jpg/_58702524_womens_sixnations_gi.jpg

Les capitaines des Equipes en lice pour le Tournoi des 6 Nations féminin. A droite, Marie-Alice Yahé, la capitaine française. (photo trouvée ici).

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 19:11

La direction du PSG prouve son mépris pour le football féminin en empêchant les joueuses de se produire au Parc des Princes, pour une rencontre qui sera retransmise à la télévision. C'est à lire ici.

 

Les faire jouer dans un autre stade en banlieue, c'est les priver d'un public éventuel qui aurait aussi été attiré par un cadre prestigieux. Et c'est faire un effet désastreux à la télévision: aussi doué que soit le cadreur, ça fait toujours un peu cheap de filmer des rencontres dans des petits stades quasi déserts. Pas de quoi fournir un spectacle de qualité donc, et totalement contre-productif pour la promotion de la discipline.

 

Dans le journal l'Equipe, il est précisé que le club à toujours à coeur de développer et soutenir la section féminine. Si les envoyer jouer dans un petit stade loin des projecteurs fait partie de ce projet de développement, on est en droit de s'inquiéter... Doit-on répéter encore et encore que le meilleur moyen de développer, c'est de permettre à un maximum de monde de voir des footballeuses et des matchs féminins?

On apprend ensuite que le Parc des Princes doit être "sanctuarisé", c'est à dire, pour eux, "réservé aux professionnels". De peur que les joueusesne  ternissent le prestige de l'équipe masculine, certainement.

 

http://s.psg.fr/psg/image/phototheque/g/138/27564.jpg

Les joueuses du PSG ont remporté 3-0 le match retour de Champion's League contre Peamount.

 

A Lyon, on ne s'émeut pas de faire jouer les féminines de l'OL au stade de Gerland. Et si ce n'est pas encore salle comble, le public et la victoire sont au rendez-vous.

 

Et toujours pendant ce temps, une tribune geignarde sur le site du Monde se plaint du désamour pour le football et de la baisse du nombre de licenciés. Tiens donc.

 

 

 

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 08:00

"A ce rythme là, autant enlever les publicités pour les soutien-gorge et les strings". C'est ce qu'à dit Pierre Fosset, le président du (très grand) club féminin Bourges Basket, quand on lui demande si cette affiche vantant son club n'est pas un peu sexiste.

A la différence que dans les pubs de lingerie, l'affiche représente le produit vendu.

 

http://cache.20minutes.fr/img/photos/20mn/2011-10/2011-10-03/article_baskeeetettetetete.jpg

Bourges a quatre titres de champion de France: on aurait pu penser que la campagne de pub allait jouer sur d'autres thématiques.

Et l'Open LFB (ouverture de la saison de basket en France) qui avait pourtant fait une affiche ultra-sympa la dernière fois, nous ressort un truc ultra-vu et revu.

 

http://www.ladyhoop.com/wp-content/uploads/2011/05/OPEN-LFB-2011-200x300.jpg

Photo trouvée ici

 

Mais bon sang, plus personne n'ignore encore que les sportives de haut niveau sont bien gaulées et peuvent mettre des robes, elles aussi! Le problème n'est pas de "ne pas bouder son plaisir".

Le problème, c'est que les agences de communication sont tellement pauvres en imagination qu'elles n'imaginent pas mettre en scène des femmes de façon valorisante sans les mettre en chaussures à talon ou en petite tenue. Et bien sûr, il n'y a pas que chez les publicitaires... C'est la même mentalité qui est à l'oeuvre quand on met les joueuses en jupette.

 

En tout cas, Pierre Fosset conseille aussi à ceux qui râlent de s'occuper "d'autres choses que des petites culottes de [ses] joueuses". On ne demanderait pas mieux, si ce n'était pas lui qui nous les avait mis sous le nez.

 

 

Emelire aussi a tiqué en voyant cette pub.

 

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 18:38

http://photo.lejdd.fr/media/images/politique/jouanno-douillet/6120235-1-fre-FR/Jouanno-Douillet_pics_809.jpg

 

David Douillet est devenu le nouveau Ministre de la Jeunesse et des Sports. Plusieurs voix ont protesté dans les médias: on lui connaît ces propos peu glorieux, homophobes, misogynes.

S'il a plus ou moins regretté ses sorties sur les "tapettes", il ne s'est pas étendu sur ses opinions concernant les femmes sportives. S'il trouve toujours qu'une femme judokate c'est peu "valorisant", il devra aller contre le public qui a soutenu et admire sans conteste nos immenses championnes Lucie Décosse, Gévrise Emane, la jeune Audrey Tcheuméo et leurs coéquipières qui ont brillé aux Mondiaux de Paris.

La coupe du Monde de foot de juillet a fait découvrir aux Français qu'il existait une équipe de France féminine. Si la starification n'a été qu'éphémère, au moins l'évènement a fait prendre conscience au public des préjugés qui sont encore entretenus au sujet du sport féminin. J'ai eu des discussions passionnantes avec des personnes qui ont vraiment remis leurs a-prioris en question (sports de fille, sports de garçons).

L'opinion publique évolue doucement mais il manque des faits et du concret: les petites filles ont vu du foot féminin à la télé mais peuvent-elles le pratiquer près de chez elles?

Financement, médiatisation, infrastructures... un soutien d'en-haut est plus que nécessaire. La précédente ministre, Chantal Jouanno, se montrait acquise à la cause du sport féminin, et beaucoup de revendications sont restées lettre morte. Qu'en sera-t-il avec son successeur?

 

photo trouvée ici

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 10:48

Cette fois-ci c'est Marc Lièvremont sélectionneur de l'Equipe de France masculine de rugby; qui s'illustre par un sortie bel et bien machiste, dans une interview au Parisien. Accrochez-vous.

 

"Votre sœur joue au rugby ?
Elle y a joué, malheureusement! On était catastrophés dans la famille. Elle s’est fait mal, évidemment. Elle a aussi longtemps subi le rugby à la maison. Faire comme ses frères, ce n’était pas montrer sa personnalité. Dès qu’on écorche un peu le rugby féminin, on passe pour un gros macho, ce que je ne suis pas. Mais je considère qu’il y a des sports plus féminins."

 

On commence à la connaître, la rengaine "on ne peut plus rien dire sinon les méchantes féministes vont dire que je suis macho alors que c'est vrai, quoi, que les filles qui se font des plaquages dans la boue c'est pas beau".

J'ai cru m'étrangler quand j'ai lu ça. Outre le fait qu'il semble avoir un compte à régler avec sa soeur, il nous assène sa vision de ce qui est féminin ou pas, et glisse également que les filles c'est fragile. Parce que ses joueurs, bien sûr, ne se sont jamais démis une épaule? C'est aussi Femme de Joueur qui pourrait vous énumérer les blessures de son rugbyman de mari...

 

Le site Des Filles en Ovalie et Têtu ont également tiqué.

Je suis sidérée que quelqu'un payé par la Fédération Française de Rugby puisse faire ce genre de remarques et torpiller complètement ses efforts. La France accueillera pourtant la Coupe du Monde féminine de rugby en 2014: quelle image Marc Lièvremont veut-il renvoyer dans le monde du rugby?

 

 

Sinon, Claire Lièvremont a joué au rugby pendant 10 ans, je pense donc que l'avis de son frère, elle s'en tamponne bien. Je vous conseille d'écouter son interview par France Info, qui date de 2010 mais qui reste très intéressante : ses débuts, les stéréotypes, l'image des joueuses auprès des joueurs, les axes pour développer le rugby au féminin... c'est ici.

 

 

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 09:42

Cette fois ce sont des handballeuses. Je trouve que président du club se tire tout seul une balle dans le pied: pour faire porter la jupe à Metz, il avoue qu'"il a fallu changer les mentalités des joueuses". Toujours trop ou pas assez sexy, encore une fois on ne laisse pas les femmes choisir leur tenue.

Chacune doit être libre de pouvoir porter ou non la jupette; ça ne m'aurait pas choqué si la proposition venait des joueuses... mais là elles n'étaient pas vraiment unanimes. Monsieur le président du club doit savoir mieux qu'elles ce qui fera venir le public.

C'est toujours le même argument: "augmenter l'attrait du handball féminin". Mais les footballeuses n'ont pas eu à se mettre en jupe pour que les spectateurs se pressent devant leurs matchs. Ce qui a marché? La médiatisation. Les interviews. Le public a pu se familiariser avec les joueuses et s'identifier à elles. En short!

 

http://img.lequipe.fr/Medias/Aussi/201109/650x475/les-joueuses-de-metz-handball-ont-joue-en-jupe.jpg

Photo trouvée ici

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 09:00

C'est un sujet qui ne concerne pas tout à fait le sport mais après tout je suis ici chez moi.

La fameuse histoire des bodys sexistes (dont en fait je me fiche) a déclenché une vague de rancoeur vis-à-vis de ces "féministes excessives" qui veulent "qu'on soient tous pareils", "qu'on s'habille tous de la même manière", et même pire! "que tous les petits garçons fassent de la danse et toutes les petites filles du rugby".

Au début ça m'a fait hausser les épaules, puis ça m'a carrément énervée. Je pense que certains font vraiment semblant de ne pas comprendre ce que l'on veut dire sur ces normes genrées, tant l'idée qu'on ne puisse plus diviser la population en deux parties bien disctinctes les panique.

 

Se défaire des stéréotypes sexistes, c'est simplement admettre que nos goûts et notre caractère ne sont pas déterminés par notre sexe.

Prenons l'exemple du sport. Quand je parle de la mixité dans le sport, je ne souhaite pas que tous, hommes comme femmes, se mettent au foot!

Mais il faudrait cesser de considérer le foot comme une activité "naturellement" masculine, et d'une manière générale cesser de tout diviser en "trucs de fille" et "truc de mecs". Comment dire que chacun est vraiment libre de choisir si notre perception est biaisée de la sorte?

 

On ne peut pas se contenter de dire "En général, les femmes sont quand même plus attirées par la danse, mais il faut tolérer les hommes qui veulent en faire." en ayant l'impression de montrer une belle ouverture d'esprit.

Une belle hypocrisie, oui.

Je préfère dire "Les femmes sont en général plus incitées à pratiquer la danse, mais il faut aussi donner envie aux hommes d'en faire".

Ce qui implique de réfléchir sur ce qui nous influence et de reconnaître les stéréotypes que l'on entretient. Comme le dit Kalista dans son très bon billet qu'elle consacre au même sujet, "c'est dur, ça fait peur, ça fait mal mais la liberté est à ce prix".

A vous de voir.

 

 

J'imagine simplement que dans un monde idéal, on ait 50% de femmes et 50% d'hommes licenciés dans chaque fédération sportive. Evidemment c'est utopique, mais admettez qu'on est loin du "tous pareils": des rugbymen, des danseuses, des footballeuses, des patineurs, des gymnastes, des ahtlètes...

 

http://images.nationalgeographic.com/wpf/media-live/photos/000/088/cache/glenfinnan-highland-games_8870_600x450.jpg

Pour ou contre la jupette dans le sport?

Photo de Jim Richardson trouvée ici

 

 

Autres billets sur le sujet:

Sport féminin: baisser les bras?

Il est plus difficile pour un homme de s'identifier à une femme que l'inverse

Le shorty rose en question


 

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Qui suis-je?

Je suis une sportive amateure un peu touche-à-tout et très accro... Quand je ne suis pas en short, je suis une fervente spectatrice. Mais le sport féminin c'est pas facile à suivre dans les médias: pour une femme, mieux vaut être mignonne que championne. Dans ces conditions, difficile de motiver les copines pour un footing....