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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 17:45

J'imagine que comme moi, vous n'avez pu échapper à la robe de Venus Williams, qu'elle a arboré à Roland-Garros (et pourtant, je ne regarde pas le tennis...). Je me fiche des dernières tendances des courts, mais j'ai été atterrée par les commentaires que sa tenue en dentelle et son boxer chair ont suscité.

 

J'ai pu lire ici et là des réactions outragées appelant à la "respectabilité" du tennis. Une belle hypocrisie à de nombreux égards... aux prochains Championnats d'Europe de Barcelone personne ne se plaindra des tenues pour le moins légères des sprinteuses. C'est sans doute que l'athlétisme est moins respectable que le tennis.

Sans compter les éternels commentaires désobligeants sur la joueuse: trop grande, trop musclée, trop voyante... On voit bien la faible marge de manoeuvre concédée aux sportives. Jugées en permanence sur leur apparence bien plus que sur leurs performances, elles sont priées de n'être ni trop masculines ni trop aguicheuses. En regard de ces "normes", Venus Williams a effectivement tous les torts en montrant son corps de championne dans des tenues inattendues, et les machos ne se privent pas de le lui rappeler.

 

Rappelons qu'en son temps la grande Suzanne Lenglen, la "Divine", avait déplu à certains en raccourcissant ses jupes et en décidant de servir "comme un homme". Aujourd'hui, l'histoire a donné raison à la scandaleuse et la coupe destinée à la gagnante du tournoi féminin de Roland-Garros porte son nom. Et toc.

 

Crédit photo Associated Press, source

 

 

 

 

Billets liés:

La championne de 400m haies Jana Pittman renonce à ses faux seins: la féminité impossible?

Du patinage artistique "plus viril"...et les femmes dans tout ça?

BIBA relève (un peu) le niveau...

 


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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 07:00

Je n'ai découvert Pascale Jeuland et son titre mondial que la semaine dernière, via le blog Vélo féminin. Et je découvre quelques jours plus tard sa résignation face aux difficultés que peut rencontrer une cycliste, même titrée, pour s'entraîner. C'est à lire ici. J'ai trouvé aussi un article qui date d'il y a deux ans, où Pascale raconte un peu son parcours et les sacrifices qu'elle a fait pour pouvoir pratiquer à haut niveau.

 

En résumé, la jeune cycliste a fait le choix de suivre des études courtes pour pouvoir s'entraîner, mais a aujourd'hui beaucoup de difficultés à concilier son travail à mi-temps et le cyclisme. Pascale Jeuland n'a que 22 ans, et a sans nul doute une belle carrière devant elle...encore faut-il qu'elle la poursuive!

 

Je suis toujours un peu amère lorsque j'entends pester contre les sportifs français qui ne ramènent pas (ou peu) de médailles. A entendre les râleurs, les Français n'ont pas la mentalité de gagnant des Américains ou autres Allemands, et gna gna gna... Certes, mais il est certainement plus facile d'avoir la niaque lorsqu'on peut s'entraîner à plein temps et qu'on est libéré des problèmes financiers. Sans forcément atteindre les sommets qu'on connaît dans le foot masculin (et qui n'est pas un gage de réussite, d'ailleurs)...

 

Les sportifs de haut niveau qui sont obligés de travailler sont bien évidemment légion, mais suis-je la seule à avoir l'impression que les femmes sont les plus nombreuses à ne pas pouvoir vivre de leur sport?

 

 

 

Articles liés:

Classement des 50 sportifs français les mieux payés en 2009...pas une femme!

Zoom sur le haut niveau du rugby féminin

Etat des lieux des différents moyens de promouvoir les sport co au féminin

 

 

 

 

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 07:00

http://farm4.static.flickr.com/3048/2638883650_c81be722ba.jpg
Parlons un peu d'argent: c'est ici. Voilà qui au moins va de pair avec le classement Eurosport des sportifs les plus populaires... Mais bon, cela ne nous apprend pas grand-chose de neuf. Les revenus tirés des sponsors et de la pub obéissent à la loi de l'offre et de la demande. Cela ne fait  donc que confirmer que pour les publicitaires, les personnalités les plus à même de séduire le public restent les hommes (footballeurs).

Il est clair que le football masculin sature tellement les médias sportifs et généralistes qu'il serait difficile aux spectateurs de se passionner pour autre chose, à moins d'avoir dans son entourage d'autres modèles ou de pratiquer soi-même un sport différent.

Et puis les stéréotypes de virilités s'incarnent parfaitement dans les sportifs masculins; il y a même un effet de cercle vicieux puisque je suis à peu près sûre que la richesse et la célébrité de ceux-ci fait rêver tout autant que leurs performances.


Ce qui devrait nous gêner, en fait, c'est l'absence de réactions à la sortie de ce classement. On en est seulement à réclamer de la reconnaissance pour les sportives, alors la même place au soleil, on n'y pense même pas encore! Que personne ne songe à s'étonner de cet écart de revenus entre sportifs et sportives est révélateur du gouffre - mental! symbolique! - énorme qui subsiste entre sports féminins et masculins.  

En fait, il y a une relative parité à ce niveau dans d'autres disciplines moins populaires comme le ski (voir l'étonnant classement des sportifs les plus riches JO de Vancouver). Bref, comme ailleurs, le haut du panier est toujours pour les hommes, et on se partage les "miettes" dans la joie et la parité.
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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 07:00
Les 8, 9 et 10 mars dernier s'est déroulée à Barcelone la deuxième édition du Global Sports Forum. Pour eux qui ne connaîtraient pas l'évènement (comme moi il y a quelques jours), voici ce qui est dit sur leur site Internet:

 

"...le Forum est conçu comme une plateforme d’échange réunissant des personnalités de l'ensemble du monde sportif. Confirmant son positionnement unique qui place le sport au cœur de notre société moderne, le Global Sports Forum s’est imposé comme un lieu de débats et de rencontres dont l'objectif est d'appréhender le sport dans ses dimensions économique, sociale, politique et culturelle."

 

Que du beau et du bon, donc. Je suis moi-même persuadée, et je le vérifie tous les jours, que le sport est un constituant essentiel de la société, même, ne leur en déplaise, pour les non-pratiquants. C'est d'ailleurs pour cela, entre autres, que j'ai créé mon blog; car laisser les femmes à l'écart du monde sportif, c'est les écarter de leur participation à la société.

 

Alors j'ai eu d'abord le plaisir de voir que parmi les 8 projets récompensés à l'issue du Forum, l'un était un programme sportif spécialement destiné aux jeunes filles indiennes: GOAL – Reaching New Heights. Et j'ai au passage appris ce qu'était le Netball.

 

Mais, car il y a un MAIS, tout cet aéropage de gens importants venus discuter et dispenser leur savoir m'a semblé bien testostéroné.

 

http://globalsportsforum.org/multimedia%5Cmedias%5C11_634051268318593750.jpg

 

Jugez plutôt: sur plus de 80 doctes intervenants, je n'ai compté que 5 femmes. Et le comité d'honneur, qui a entre autres désigné les gagnants des Trophées, ne comporte qu'1 femme sur ses 9 membres: il s'agit de Donna De Varona, fondatrice de la Women's Sport Foundation et médaillée olympique de natation. Par contre, ils n'ont pas oublié d'inviter David Douillet, bien connu pour ses positions progressistes en faveur des femmes sportives (gloups...).

 

Alors quelle est la bonne excuse, cette fois-ci: on n'a pas trouvé de femmes à même d'intervenir? elles n'ont pas voulu? leur a-t-on seulement demandé, et pas au dernier moment?


Voilà donc: nous ne sommes reconnues qu'en tant que population à aider, mais surtout pas en tant que référentes, penseuses et décideuses à même d'influer sur la société.


Et le slogan du forum "Because sports reflects society" sonne alors bien douloureusement.

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 12:00
Je suis tombée la dernière fois sur un article très docte de Psychologies.com, datant apparemment d'avant la coupe du Monde de 1998: Pourquoi les hommes sont-ils dingues de foot? La question aurait pu être intéressante à traiter. On aurait pu pointer les stéréotypes de virilité qui subsistent dans le football pour mieux les démonter. Tu parles. Et pire, les protège-tibias m'en tombent: cet article a 12 ans mais aurait pu être écrit hier:


« Dès qu’il a tenu sur ses jambes, mon petit garçon s’est mis à shooter dans le ballon – et dussent les féministes me taper sur les doigts –, bien plus que ma fille au même âge », témoigne Yves.

Oui, je vous tape sur les doigts. Taper dans la balle est dans les gènes masculins? Et bien sûr, cher Yves, toi et ta femme avez encouragé votre fille à taper dans la balle tout autant que votre fils. Vous ne lui avez jamais interdit de salir sa robe à fleur, et vous ne lui avez jamais mis sous le nez une poupée et une dînette parce que c'est "pour les petites filles". Tu n'as jamais fait comprendre à ton fils que vous étiez "entre hommes" quand vous jouiez au foot, et laissé plus volontiers ta fille en compagnie de sa mère...

Il en découle que:

« Ma compagne l’a accepté petit à petit : le foot est devenu ma rencontre rituelle avec mes amis hommes, confirme Jérôme, 35 ans. Un espace qui dépasse le cadre du football et auquel je tiens. Le seul qui demeure en dehors des femmes. »

Pauvre chouchounet... les femmes ont investi tous les domaines et tu ne peux plus exprimer ta supériorité virile tranquillement. Heureusement qu'elles ignorent encore tout du hors-jeu, voici l'occase d'être tranquille-peinard avec tes potes couillus. Mon avis, c'est qu'un adulte en couple qui a besoin d'un prétexte pour aller seul à une soirée entre amis manque franchement de maturité.


"D’après Freud, c’est leur commune possession d’un pénis qui leur donne le sentiment d’appartenir à un groupe, celui de ceux qui l’ont, par opposition à celles qui ne l’ont pas – et un manque pousse rarement à faire groupe. "

Je crois que c'est la phrase la plus inepte de l'article...Tu n'as pas de pénis DONC tu n'as pas l'esprit de groupe, va dire ça à toutes les filles qui pratiquent des sports collectifs, qui s'investissent dans des associations...

"Le football se vit dans l’instant, voire le passé. Or, parce qu’elles donnent la vie, les femmes sont, elles, plutôt projetées vers l’avenir."
"C’est vrai que la défaite est souvent assimilée à une mort. Une image à laquelle on adhère difficilement côté femmes. Quand on donne la vie, on a peut-être une idée plus claire de ce qu’est vraiment la mort."


Ben voyons. On va le savoir que parce qu'on "donne la vie", il y a un tas de choses qu'on est incapables de faire: taper dans un ballon, boxer, conduire une voiture, lire une carte... même être payées pareil que les hommes, dis voir.


Mais tout de même: il y a des points avec lesquels je suis plutôt d'accord, même si l'article se contente de constater sans vouloir un seul instant changer les choses - faudrait pas bousculer trop les lecteurs...

"...les femmes n’ont pas la moindre possibilité de s’identifier à Zidane, Maldini ou Ronaldo. Si elles les admirent,  [...] leur miroir, quand elles s’y regardent, ne leur renvoie pas l’image d’un joueur de foot."

« Le football condense la plupart des phénomènes de société, explique le sociologue Christian Bromberger. C’est un révélateur. Et cela à tous les niveaux : le problème identitaire, le rapport hommes-femmes, le statut des émotions. »

Je ne te le fais pas dire, et c'est bien pour ça qu'il faut arriver à la parité dans le foot. Du boulot pour la FFF, donc; le Trophée Femmes et Sport n'est donc bien qu'une étape.







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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 21:38
On a entendu parler de cette polémique ici et là; Karine, notamment, l'a relayée.dans "Un Zest d'EPS". Je ne vous apprends donc pas qu'à Vancouver, des commentateurs québécois du patinage artistique ont  dérapé à propos du patineur Johnny Weir. Je vous ressort la phrase-clé: "Il a du rouge à lèvre, il s'habille de façon féminine, il a le droit mais c'est un très mauvais exemple. On va croire que les garçons qui patinent vont tous devenir comme ça".

On rejoint en fait une problématique qu'on retrouve souvent dans le sport féminin.

Car dans les sports qui peinent à attirer des jeunes filles, on a tendance à vouloir mettre en valeur les pratiquantes les plus "féminines", c'est-à-dire qui correspondent le plus aux normes en vigueur, quoi.
Bien sûr qu'on peut tout à fait faire du foot, du rugby, du basket sans être masculine, ni - oh le gros mot! - lesbienne. Mais en voulant sans arrêt "rassurer", le public, les parents, etc...avec de jolies sportives, on met en évidence qu'avoir une apparence masculine et/ou être lesbienne est bel et bien le fond du problème. Vouloir changer les préjugés sur telle ou telle discipline c'est bien joli, mais ça ne sert à rien si en même temps on ne réfléchit pas un peu à un changement global de mentalité.

Et d'un autre côté, si j'étais une patineuse artistique (on peut rêver), le débat qui occupe la communauté des patineurs sur la supposée virilité du sport me mettrait mal à l'aise. Faire le raccourci virilité =  technique, c'est penser artistique = féminité, et c'est retirer complètement aux femmes la capacité d'être techniques et physiques...sportives, quoi! Aux hommes la performance technique et physique, aux femmes le plaisir des yeux, ronds de jambe et paillettes...Mais ce qui fait tout l'intérêt de ce sport, c'est bien l'alliance de ces deux aspects, non?

Comme dans la vraie vie, dites donc...

http://farm1.static.flickr.com/221/471951891_423d9885f1.jpg
Photo Rich Moffit - trouvée ici




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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 20:03
Je farfouillais un peu sur les sites de fédérations, de foot et de rugby pour ne pas les citer, quand je me suis rendue compte d'un truc tout bête mais édifiant: "l'Equipe de France", c'est toujours l'équipe des hommes. Si l'on parle des femmes, on précise toujours: "l'Equipe de France féminine", plus particulièrement "Féminine A" pour la Fédé de foot, "France féminine" pour la Fédé de Rugby...

C'est présenté plus ou moins maladroitement. La FFF sépare les torchons et les serviettes, si l'on peut dire: il y a l'Equipe de France et le terme "Sélections nationales" qui désigne les femmes et les jeunes. La FFR est plus politiquement correct, en utilisant le terme "Equipes de France". Mais las, quand on clique, on voit bien qu'il n'y a qu'un seul "XV de France".

On m'objectera que c'est normal compte tenu de la faible médiatisation, de la faible popularité et du faible nombre de pratiquantes de ces deux sports. Mais l'Equipe de France masculine et l'Equipe de France féminine de foot comportent toutes deux autant de membres!

Et justement parce que leurs homologues féminines sont moins médiatisées, c'est nier leur existence que de dire "L'Equipe de France" sans préciser pour parler des hommes. Si on prend la peine de préciser "masculine", c'est sous-entendre qu'il existe une équipe féminine, c'est en parler en négatif: c'est déjà reconnaître leur existence et donc leur importance.

C'est dommage car au demeurant, ces deux fédérations font des efforts notables pour mettre en valeur leurs équipes féminines et recruter de nouvelles pratiquantes. J'en ai parlé là, et puis là aussi par exemple.

On pourrait leur conseiller de prendre exemple sur le handball; la parité sur le terrain se répercute dans les termes avec deux laconiques "Senior F" et "Senior M"; ou bien sur le basketball qui parle d'Equipes de France, masculines et féminines.












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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 16:42
J'ai lu avec plaisir que la judokate Céline Lebrun avait gagné les Masters de Suwon dans sa catégorie, les - 78 kg. Elle montre ainsi qu'à 33 ans, elle a raison de continuer à monter sur le tapis. Une fois n'est pas coutume, l'Equipe.fr lui avait même consacré un petit article avant la compétition et j'étais bien sûr enchantée qu'on se penche un peu sur une judokate.

Mais las: le même jour, Teddy Riner a aussi remporté le tournoi dans sa catégorie. Je l'aime bien, mais sa victoire a complètement éclipsé celle de Céline Lebrun. Sur Internet, les journalistes commentent les deux résultats dans un même article mais une seule photo illustre le billet. Devinez lequel des deux judokas est choisi à chaque fois?

Je vous propose par exemple d'aller voir les articles de l'Equipe.fr, puis le Monde.fr, puis Sport365. Il y a aussi  l'Alsace.fr et Le Point.fr. Je n'ai pas trouvé un seul site qui mette en ligne une photo de Céline Lebrun. Et ce n'est pas vraiment un hasard: 20 Minutes a fait la même à l'issue du tournoi de Paris l'année dernière, car sur les 3 médaillés Français, le journaliste a choisi Riner, plutôt que Lucie Décosse ou Céline Lebrun (encore).

On me dira que c'est normal, que lui est populaire et qu'on ne connaît pas ces femmes, que le public veut des stars. Mais il me semble qu'il faut bien commencer quelque part: si Teddy Riner est connu il a bien fallu une première photo et un premier reportage pour le faire connaître. Et d'ailleurs, la presse a-t-elle pour but de donner aux lecteurs ce qu'ils demandent ou de leur faire connaître de nouvelles choses, de nouvelles personnes?

Il n'y a rien d'étonnant à ce que les exploits des sportives marquent moins les esprits, puisqu'on persiste à les cacher derrière les hommes. Donner la possibilité de mettre un visage sur un nom c'est le minimum pour susciter l'intérêt du public et s'identifier à un modèle.
http://www.ffjudo.com/TIVP/images/Podiums/lebrun.gifCéline Lebrun médaillée d'or au tournoi de Paris 2009- photo FFJDA trouvée ici

Sinon, les autres féminines qui ont brillé à ces Masters sont Lucie Décosse, qui obtient le bronze en - 70 kg, et Pénélope Bonna, bronze aussi en - 52 kg. Vous trouverez l'ensemble des résultats de cette compétition sur le site de la Fédération Française de Judo.
  http://www.lexpress.fr/medias/59/1-lucie-decosse-of-france-holds-her-silver-medal-after-the-women-s-63kg-judo-final-at-the-beijing-2008-olympic-games_79.jpgLucie Decosse - crédit photo Reuters - trouvée ici

http://www.levallois-scjudo.com/galerie-photos/portraits/Penelope-BONNA.jpgPénélope Bonna - photo trouvée ici





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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 13:49
Début d'année, la saison des bilans et des classements...au départ j'étais tombé sur le Top 50 du site Internet de la chaîne d'Eurosport, qui classait les 50 sportifs à avoir marqué la décennie. Dans celui-ci, on ne trouve que 11 femmes et j'ai commencé à grincer des dents. Puis j'ai vu le Top 10 Monde et le Top 10 France et j'ai explosé mes plombages: que des hommes.

Pour la France, on ne parle ni de Morgane Ribout, championne du monde de judo, ni de Gwladys Epangue, ni d'aucune des basketteuses françaises, ni de Valérie Vili, pourtant double championne du monde de lancer de poids, ni de Myriam Lamare...

http://www.iaaf.org/mm/photo/competitions/competition/vili4x6%5f2812%5ffull-prt.jpgValérie Vili, photo trouvée ici.

Et que dire dans le monde de Sanya Richards, championne du monde de 400m 6 ans après son titre à Paris, de la footballeuse Marta élue Ballon d'or FIFA, de Kim Clijsters qui fait un retour fracassant sur les courts, de la sauteuse en hauteur Blanka Vlasic qui a décroché son 2e titre mondial...elle sentent le pâté?

http://i2.cdn.turner.com/si/2008/olympics/2008/writers/richard_deitsch/08/18/briefing/p1_richards_0818.jpgSanya Richards, photo trouvée ici

Ce classement a été établi par des rédacteurs du site d'Eurosport. Que des journalistes sportifs n'aient été marqué par aucun exploit sportif féminin cette année est révélateur. C'est comme si les sportives étaient transparentes, quoiqu'elles fassent. Elles existent, on les a sous les yeux, mais on ne pense pas à elles.

Pour info, le classement 2008 faisait un tout petit moins pire avec Anne-Caroline Chausson pour la France et Isinbayeva pour le monde; assez effrayant quand on pense que c'était l'année des JO. Evènement mixte donc, où les journalistes pullulent et où les épreuves masculines et féminines se déroulent en même temps.

Comment espérer donc que le grand public, qui a accès à ce que les journalistes diffusent, accorde sa reconnaissance aux grandes championnes?




Autres articles sur le sport dans les médias:
Mondial de handball féminin: France-Russie sur France 2, les médias se sont réveillés bien trop tard.
Le monde merveilleux du sport féminin dans la pub
Pour une fois, des vidéos de footballeuses qui ne se battent pas.
Un magazine allemand entièrement consacré au football féminin
Glamour n'aime pas les sportives?
Les Bleues éliminées en quart de finale de l'Euro, coup dans l'eau pour les médias français.




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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 07:00

L'athlète australienne Jana Pittman-Rawlinson a fait retirer les implants mammaires qu'elle avait depuis 2008, en vue d'être plus compétitive pour les JO de 2012. C'est entre autres dans le 20 minutes qu'on le lit.

Au-delà du côté "croustillant" de l'anecdote, dont l'intérêt en terme de trafic sur la page est évident, la démarche m'interpelle.

L'article est mal fichu et l'allusion à la jeune tenniswoman qui s'est faite réduire une poitrine trop volumineuse n'a rien à faire là: ça n'est un secret pour personne que des seins trop gros sont handicapants pour faire du sport, (et même pour les sports typiquement féminin comme la danse, la gym ou l'équitation). Là, il s'agit de rendre la pratique sportive plus aisée, alors que le recours à la chirurgie de Jana Pittman n'avait qu'un but esthétique.

Nous avons ainsi une sportive de haut niveau, double championne du monde du 400m haies (en 2003 et 2007), donc pas la première amateure venue, qui se sent mal avec ses petits seins au point de se décider pour une opération qui va perturber son entraînement, modifier ses sensations, ou peut-être altérer ses performances. Je m'en doutais un peu: c'est en fait après une rupture que l'athlète a pris cette décision. Quelqu'un qui n'aime plus son image dans une période difficile, c'est compréhensible après tout. Elle ne supportait plus d'avoir "des bras musclés, de larges épaules et de grandes et fortes jambes».

Mais surtout, elle résume l'impossible équation qu'on impose aux sportives: "c'est indispensable pour courir vite, mais c'est difficile de se sentir féminine."

C'est une championne du monde qui le dit. On mesure alors combien pèse ce devoir de féminité sur le commun des mortelles.

On aura beau maquiller les sportives, les faire poser nues, tant qu'on n'admettra pas qu'on puisse être une femme même avec "des bras musclés, de larges épaules et de grandes et fortes jambes", rien ne changera.


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Qui suis-je?

Je suis une sportive amateure un peu touche-à-tout et très accro... Quand je ne suis pas en short, je suis une fervente spectatrice. Mais le sport féminin c'est pas facile à suivre dans les médias: pour une femme, mieux vaut être mignonne que championne. Dans ces conditions, difficile de motiver les copines pour un footing....