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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 21:16

Je voulais vous parler des championnats du Monde d’haltérophilie qui se sont déroulés en Corée du Sud du 19 au 29 novembre. Je voyais ça comme un truc de brutes, dangereux et basé sur la force pure. Mais faites un petit tour sur le site de la fédération: (si vous survivez à l’image du culturiste sur la page d’accueil, là, j’ai toujours des préjugés) : il semblerait que ce sport laisse la part belle à la coordination et à la maîtrise de soi. Avec une place importante du mental : car comment expliquer qu’un jour on n’arrive pas à soulever une charge qui aurait été facile un autre jour ? Et après tout, ce n’est pas plus abject de soulever des poids que de courir comme un dératé sur 100m.

 

 

Sibel Simsek médaillée de bronze en - 63 kg

 

 

Je trouve cette discipline étonnamment féminisée en France : 34% des 31000 licenciés français sont des femmes. L’haltérophilie féminine n’a été intégrée au JO qu’en 2000 à Sydney mais le moins que l’on puisse dire est que ce n’est pas le sport qui est le plus suivi. Les grandes nations de l’haltérophilie sont les pays d’Europe de l’Est et d’Asie. Chez les hommes comme chez les femmes, la Chine a raflé une grande partie des médailles cette année.

Chez les Françaises, Muslimé Sunar a terminé 19 e en -63 kg et Anaïs Michel 12 e en -48 kg. Si j’ai bien compris, les compétitions se déroulent par catégories de poids et la quantité de points marqués est fonction du poids soulevé mais aussi du poids de l’athlète.

 

J’ai jeté un œil sur les résultats des Championnats de Goyan. Et contrairement à ce qu’on peut penser, les « plus forts » ne sont pas les plus grands et les plus baraqués puisque le rapport poids soulevé/poids de l’athlète est parfois plus élevé chez les petits gabarits. Ainsi, si Jang Mi-Ran, la championne coréenne dans la catégorie +75kg soulève 1,6 fois son poids à l’épaulé-jeté, la chinoise Wang Mingjuan qui a gagné dans la catégorie des -48kg a soulevé 2,4 fois son poids pour la même épreuve, soit (gloups) 115 kg.

 

 

Jang Mi-Ran médaillée d'or en + 75 kg Sibel Ozkan Oz médaillée d'argent en - 48 kg

 

 

J’ai aussi trouvé un intéressant portrait de Marilou Dozois-Prévost, haltérophile canadienne interviewée avant les JO de Pékin, qui explique comment elle est venue à ce sport. (Elle a terminé 12 e cette année à Goyan, dans la catégorie des -53 kg) Evidemment, Marilou Dozois-Prévost est très mignonne, ce qui aide à être médiatisée. Mais je ne vais pas faire mine de découvrir qu’il vaut mieux être « beau et bien portant, etc… » , disons-nous que c’est toujours ça de pris pour l’haltérophilie féminine, et même masculine.

 

Enfin pour montrer un peu de technique, le lien de deux petites vidéos : chez les – 48kg et chez les +75kg aux JO de Pékin en 2008.

 

J’ai hésité pour les +75kg, parce que ces athlètes sont trop grandes, trop grosses, trop musclées par rapport aux "normes" actuelles;  je pense que ce lien a beaucoup circulé pour se moquer d’elles, et ce n'est certainement pas mon objectif.  L'idée est plutôt de ne laisser personne dans l'ombre, et de montrer qu’on peut être sportive de haut niveau sans faire une taille 38.

 

 

 

Photos trouvées ici.

 

 

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Published by Gabrielle - dans Divers
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commentaires

Gabrielle 10/12/2009 13:58


je trouve ça super intéressant que tu racontes ça; vraiment.

surtout l'histoire du regard des autres. si les femmes sont d'un côté et les hommes de l'autre, c'est flagrant lorsque quelqu'un "n'est pas à sa place", pas facile tous les jours surtout quand on
vient pour se détendre avant tout!
et du plaisir à porter les courses...je t'envie :)


emelire 10/12/2009 12:16


en fait il s'agissait d'une salle de sport où des machines étaient fabriquées par le patron de la salle lui-même. Le prix à l'année et l'ambiance attiraient quelques habitués que des hommes sauf la
femme du patron. J'y suis entrée parce que je vivais (et vis encore) avec l'un d'eux. Et j'aimais bien soulever, lever, etc des poids, à ma mesure bien entendu. Je préférais les poids libres que
les machines en fait. Ensuite j'ai changé de boulot donc j'ai stoppé cette salle. Il y a quelques années j'ai repris dans une petite salle où hommes et femmes étaient chacun de leur côté(sans
obligation de l'être bien sûr) mais hommes étaient du côté des 'machines' et poids libres ... et femmes du côté cours collectif. Donc j'ai fait des cours avec des poids, soit en renforcement (poids
légers mais mouvements nombreux et c'est dur c'est vrai), ou mouvements moins nombreux et poids le plus lourd possible (j'ai une constitution fine et je ne pèse pas trop lourd donc ... à la base
c'est plutôt du nerfs que j'ai)... et puis maintenant j'ai arrêté car ces salles de sport sont chères donc il faut y aller beaucoup, or un souci de santé m'a orienté d'emblée vers la piscine, la
natation... mais à la base ce que je préférais c'était la course à pied et les poids ... dans une salle il faut qu'il y ait une ambiance spéciale pour 'oser' quand on est la seule à faire ça, qui a
à voir presque avec la pudeur en fait. A un moment je le faisais toute seule chez moi pour être tranquille, sauf que les pièces sont petites, que j'ai que le soir de libre que tout est fragile, les
barres risquent tout de suite de toucher un meuble ou un mur, ou de déglinguer le sol quand ça retombe etc. et quand l'enfant paraît ... faut encore supporter les regards, les questions, le bruit
que font les poids si ils sont en train de dormir, etc ... bref ^^ on verra à la retraite pour reprendre déjà le renforcement (la base) avant de tenter + ...
Du coup c'est idiot mais quand je ramène les courses bien chargée et que je marche 1 km avec, j'aime bien ^^ à toutes choses ...


Gabrielle 03/12/2009 12:13


ah, je me demandais comment on en venait à faire de l'haltérophilie (parce que je n'ai jamais vu de club d'haltéro près de chez moi par exemple). maintenant j'ai ma réponse!
le côté "défi" de l'affaire me semble sympa: mine de rien ça donne confiance en soi, on devient plus ambitieux, on apprend à se connaître... et on frime devant les employés du gaz :)


emelire 03/12/2009 11:25


c'est un sport que j'ai touché du doigt, étant plus jeune, et m'entrainant dans une salle de gym "artisanale" on va dire, et j'aime bien en voir à la télé (ceci dit je passe très peu de temps
devant la télé donc ... Je tombe rarement là dessus ;o). ça n'a rien à voir pour moi avec 'la force', 'le masculin', j'ai une carrure fine, mais plutôt un truc avec et contre soi-même, en rapport
avec le défi et le jeu du mouvement, comme il est dit dans l'article, une certaine manière permet de faire monter ou pas le poids, et la volonté, le truc dans la tête. Et c'est marrant d'entendre
des gens dire, dans la vie, ah ben on dirait pas mais t'es forte, je me souviens d'un employé du gaz qui voulait pas bouger les poids de fonte pour approcher d'un radiateur. Eberlué, il m'a regardé
les prendre par plusieurs et aller les mettre ailleurs ;o) Je rigolais en dedans. Bon maintenant je ne fais plus rien de tout ça, pas le temps et puis il faut faire attention à le faire
régulièrement, parce que le dos, les genoux les coudes, faut en prendre soin ... maintenant je vais à la piscine (c'est moins excitant ok, c'est pour ma santé et puis j'aime bien aussi la détente)
^^


Gabrielle 01/12/2009 09:42


merci de ton avis: je ne voulais pas donner une fausse image de l'haltérophilie.
je ne connaissais pas cette partie stratégique qui doit être intéressante à gérer, avec des rebondissements, j'imagine. dommage que ça passe à la trappe.
la "guerre pscyhologique" de l'échauffement, on la retrouve dans bcp de sports, ça fait partie de la compétition. et j'adore cette partie où on doit montrer sa confiance mais pas trop, et où on
s'observe à la dérobée.


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Je suis une sportive amateure un peu touche-à-tout et très accro... Quand je ne suis pas en short, je suis une fervente spectatrice. Mais le sport féminin c'est pas facile à suivre dans les médias: pour une femme, mieux vaut être mignonne que championne. Dans ces conditions, difficile de motiver les copines pour un footing....