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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 19:00

C'est une lectrice qui m'a suggéré par mail d'en parler et je la remercie! J'espère que ça inspirera les profs de sport qui passeront :).

Elle m'expliquait que son fils en sixième trouvait injuste que les barèmes de notation pour l'athlétisme soient plus favorables pour les filles. C'est vrai qu'à cet âge-là les filles sont souvent plus grandes que les garçons; mais d'une façon générale les différentes morphologies sont assez bien réparties dans une classe.

 

La première chose qui me vient à l'esprit est que cela nourrit la frustration des garçons vis-à-vis des filles, qui récupèrent en sport des meilleures notes avec moins d'effort. Pas besoin de donner du grain à moudre à ceux qui estiment qu'une conspiration anti-hommes est à l'origine des moins bons résultats scolaires des garçons.

Ensuite, comme le soulignait ma lectrice, cela a un effet négatif sur les filles qui voient qu'elles sont favorisées, qui voient aussi que ce n'est pas forcément justifié (j'étais la plus grande de ma classe quand j'avais 12 ans, facile de courir vite...). Pas terrible ni pour l'estime de soi ni pour donner le meilleur en sport...

Mais même quand ils s'adressent à des adultes, ces barèmes différenciés ne sont peut-être pas forcément bien fait: par exemple au concours de l'IUFM; l'épreuve du 1500m était vraiment plus facile pour les filles. (je n'ai pas étudié ces barèmes en détail, c'est un ressenti de mes amis): ça ne me semble pas une bonne idée de partir d'une présupposée moins bonne condition physique des femmes. On pourrait se baser sur les minima de la Fédération Française d'athlétisme... (qui sont déjà biaisés pour assurer une participation suffisante des femmes aux championnats locaux). Si la moyenne des notes des garçons est différente de celle des filles, il y a un problème de toute façon.

Pourquoi ne pas supprimer cette différence au collège pour ne la rétablir qu'au lycée, par exemple, en  expliquant quelques données physiologiques aux élèves pour les convaincre du bien-fondé de celles-ci?

Ou bien, en plus, séparer garçons et filles en athlétisme, histoire de ne pas donner lieu à des comparaisons démotivantes? Je pense pourtant que c'est formateur pour tous de voir qu'à l'épreuve de course à pied des filles peuvent être en tête... mais un trop grande écart de notation entre un garçon et une fille qui courraient côte à côté peut générer des tensions, bref, pas de réponse à ça...

 

 

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Published by Gabrielle - dans Mixité
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commentaires

Gabrielle 25/04/2011 21:05


Bonjour Nathalie,

lorsque j'ai passé mon bac je me rappelle:
- que les barèmes pour les filles étaient plus faciles dans le sens où la note de 20 correspondait à un niveau fédéral plus faible.
- qu'il y avait une part de la note sur la régularité de la course (conserver la même allure)
- que les filles avaient effectivement en moyenne des notes moindres.

j'y vois personnellement le résultat des stéréotypes sexistes sur le sport au bout de plusieurs années: les filles ne sont pas poussées à faire du sport, et ne se donnent donc pas les moyens.
ce n'est pas la faute des filles mais bel et bien de leur entourage...


nathalie 25/04/2011 20:31


Pour les épreuves du bac (où on note quasi-uniquement la performance)les moyennes des notes obtenues par les filles sont plus basses, le barème leur est donc défavorable.


andré 04/04/2011 14:08


D'une certaine façon la "faiblesse" des filles est un concept très moderne; on aurait pas eu l'idée de parler de la faiblesse des filles dans nos campagnes autrefois ou il n'y a pas si longtemps en
Russie ou en Pologne ! Si vous allez en Afrique ou dans certaines contrées d'Asie vous avez des jeunes femmes qui portent couramment sur la tête ou les épaules des charges que la plupart de nos
jeunes garçons n'arriveraient pas à traîner plus que quelques mètres !Il est vrai qu'elles ont aussi la technique pour et que la technique c'est une bonne utilisation de son cerveau plus que de ses
muscles.

Sur les petits japonais justement, ce sont bien des petits japonais (qui sont plus grands maintenant) qui ont poussé l'art de combattre à un niveau permettant à des petits japonais de démolir de
grands australiens ou texans, même sans arme;
Ce qui a été possible pour de petits japonais (et petites japonaises après) serait "génétiquement" impossible pour de "grandes femmes" occidentales, africaines ou moyen-orientales?


Snödroppe/Sophie 03/04/2011 17:01


Je mets un lien vers un texte [assez copieux] de réflexion, d'analyses autour de ce sujet.Un texte qui me parait intéressant [même s'il date de plus de 10 ans] par la présentation de tout ce qui
rend cette question très complexe.Complexité qui ne peut se permettre l'économie d'une analyse fine.
ftp://ftp2.contrepied.net/contrepi/annexes/berge_mix_eval.pdf


Mellie 02/04/2011 14:20


Bonjour,

Ce n'est pas qu'un problème de notes, d'après moi.

A capacités physiques égales, on prend l'habitude d'en attendre moins des filles que des garçons, ce qui n'est pas sans conséquences.
D'une part celles-ci ne sont pas entraînées à donner le maimum, et développent donc moins une culture de "battantes"
D'autre part, à force de lancer des poids moins lourds, d'essayer de sauter moins haut, de courir moins longtemps, elles sont moins entraînées et restent moins fortes en ne développant pas leurs
capacités physiques autant qu'elles le pourraient.

J'ai posé la question à un prof de sport.
Sa première réponse sur les différences de barèmes était que "les filles sont moins fortes", ce qui, chez des enfant de 12 ans, est manifestement faux.
Ensuite, il m'a expliqué que c'était la même chose pour les seniors ou aux jeux olympiques. En dehors du fait que l'on ne peut pas comparer les 6ème et les seniors, on peut remarquer que faire
courir dans la même catégorie des Suedois et des Japonais (par exemple), alors que les premiers sont avantagés par leur taille n'a jamais géné personne. Les capacités physiques ne sont donc pas la
réelle raison de la distinction des barèmes filles/garçons, mais bien pour moi un présupposé sur la "faiblesse" des filles.


Gabrielle 03/04/2011 11:49



bonjour Mellie,


il est débile ce prof de sport...


et puis je suis d'accord, en n'étant pas poussée à faire du sport on ne développe pas son corps comme il pourrait l'être avec une activité physique.


j'ai encore des difficultés à faire admettre à certaines personnes qu'à 5 ans par exemple un petit garçon et une petite fille, c'est la même chose qu'il n'y en a pas un plus fragile que l'autre!


mais c'est sûr que si on met un enfant au foot et qu'on garde l'autre à la maison, celui qui fera du sport sera plus tonique et plus solide, que ce soit un garçon ou une fille.



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Je suis une sportive amateure un peu touche-à-tout et très accro... Quand je ne suis pas en short, je suis une fervente spectatrice. Mais le sport féminin c'est pas facile à suivre dans les médias: pour une femme, mieux vaut être mignonne que championne. Dans ces conditions, difficile de motiver les copines pour un footing....