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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 21:05

Peut-être n'avez vous pas vu ce chiffre inquiétant: les vols violents contre les femmes sur la voie publique ont augmenté de 13% en 2010. Tout aussi inquiétant, ce qu'en déduit le collectif national pour le droit des femmes: « Le fait que les femmes sont davantage attaquées montre qu'elles sont considérées comme plus vulnérables ». Nous sommes effectivement plus petites, moins fortes. Nous reste-t-il à demeurer tremblantes dans nos chaumières?

 

Reconnaissons tout de même que c'est aussi parce qu'on "considère" que nous sommes "plus vulnérables", que nous tenons pour acquis que nous sommes incapables de nous défendre et n'essayons même pas d'apprendre. Mais premièrement, on ne peut pas toujours éviter de rentrer/sortir seule et/ou de nuit. Et deuxièmement, tout en reconnaissant parfaitement que je ne m'aventurerai pas dans certains endroits, je déteste l'idée de devoir dépendre d'un chaperon pour me trouver dehors.

Il y a quelques années, une jeune femme est entrée à mon cours de judo en disant qu'il y avait eu une tentative de viol sur son campus et que la victime y a échappé avec quelques prises de self-défense. Elle-même voulait donc s'initier pour se "sentir plus tranquille".

Par chance, je ne me suis jamais faite agresser et donc je ne suis toujours pas sûre que mes années de judo me permettent de tenir tête à un agresseur baraqué. Cependant, je sais que j'ai acquis certains réflexes, une certaine maîtrise de ma peur et une condition physique suffisamment bonne pour espérer envoyer un genou dans les roustons ou les doigts dans les yeux et piquer un sprint vers le premier bistrot ouvert. Ceci me permet effectivement d'être plus sereine quand je rentre de l'entraînement, par exemple. J'ai lu quelque part qu'une personne qui a confiance marche plus lentement et se tient plus droite. Un éventuel agresseur ne la perçoit plus comme une cible: il semble que les humains sentent la peur tout comme les animaux. Evidemment, impossible de retrouver la trace d'une telle étude sur le Net, si vous avez un lien, n'hésitez pas.

A moins d'être Sarah Ourahmoune, je ne pense pas qu'on puisse mettre une dérouillée à un agresseur. Mais si la pratique du karaté, du jiu-ji-tsu, du rugby... ne dispense pas d'être prudente, elle peut permettre de gagner en tranquillité, de se sentir moins vulnérable, d'avoir confiance en soi...

...et de bien s'amuser pendant l'entraînement.

 

 

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Published by Gabrielle - dans Divers
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commentaires

Gabrielle 01/02/2011 17:57


Hypathie, je n'avais pas entendu parler de ce livre et ça m'intéresse. je veux bien croire que certain-e-s soient dérangé-e-s par la perspective d'une femme capable de se défendre, seule qui plus
est.

André, entièrement d'accord.
pour les cours, j'ai fait un peu de self-défense au lycée et je trouve que c'était une excellente idée.


andré 01/02/2011 16:11


"l'image de la mère "lionne" qui défend ses petits et sa famille est bien plus valorisée que la femme capable de tenir tête à un homme ("virago"...)


je pense que pour beaucoup de femmes justement leur "moi" à défendre est totalement imbriqué dans leur famille; réduite à "elles seules" elles ne se défendent pas; au fond, le problème c'est la
construction de la personnalité de beaucoup de femmes dans leur enfance; beaucoup sont éduquées comme des êtres "pour" et pas "en soi"; elles deviennent "autonomes" à travers une famille, pas pour
elles-mêmes; un homme construit sa famille en prolongement de lui-même ( à part le "père Goriot") alors que beaucoup de femmes existent en prolongement de leurs familles.

Evidemment des "essentialistes" diraient que c'est la procréation par les femmes qui expliquent ceci, c'est-à-dire la fusion avec sa progéniture qui sort de son ventre;en réalité, c'est le contexte
social qui pousse les femmes à mettre entre parenthèse leur moi, leur personnalité intrinsèque.

Evidemment, de plus en plus de femmes échappent à ce schéma mais il en reste des traces très fortes.

Sur le fond du sujet je pense qu'il faudrait généraliser l'enseignement des arts martiaux dans les collèges et lycées, en encourageant particulièrement les filles, notamment dans les secteurs
géographiques sensibles, au besoin en faisant de la discrimination "positive" avec quota minimum de 50% de filles dans les cours et option au bac permettant de gagner des points.


Hypathie 28/01/2011 17:36


Isabelle Mergault, Isabelle Alonso et Martial Vout ont publié un livre sur le sujet en 2002 : "Self-défense - Faites fuir les agresseurs". Il y a un chapitre sur le "refus absolu de subir" qui fait
du bien et les femmes ont besoin d'entendre des choses sur le sujet. Lors de la promotion du livre, je me souviens du chambard sur le plateau du Grand Journal, où elles avaient eu bien du mal à
parler, certaines femmes présentes sur le plateau avaient manifestement un problème à voir et entendre le sujet traité. Une femme qui se défend, ça n'allait pas vraiment de soi, ce soir-là.


Gabrielle 28/01/2011 17:28


André, je suis d'accord avec ça. c'est paradoxal et je pense que ça à voir avec le fait que l'image de la mère "lionne" qui défend ses petits et sa famille est bien plus valorisée que la femme
capable de tenir tête à un homme ("virago"...)

Karine: merci pour tes références, je pense de plus en plus à faire une page "lectures" pour les collecter.

Polluxe: j'y réfléchirai, ça peut être très sympa!

Emelire: on n'est malheureusement jamais réellement en sécurité mais on ne peut pas s'arrêter de vivre...
sur l'éducation tu as raison. je pense que répéter aux femmes qu'elles risquent toujours de se faire agresser, qu'elles ne doivent jamais sortir toutes seules est extrêmement infantilisant si on ne
leur donne pas quelques clés pour savoir agir en cas de danger. certaines finissent par aimer être traitées comme de petites choses fragiles mais le confort que ça apporte est très relatif en
regard de la perte d'autonomie...


emelire 28/01/2011 16:35


pour l'attitude physique et la confiance en soi, ton article est très bon, il faut avoir l'air ou être "assurée", ça peut décourager un agresseur potentiel, et c'est quand même agréable d'être
"normale" dans la rue, même s'il fait sombre. ça ne découragera pas quelqu'un qui cherche, qui est 'aux aguets', il y en a malheureusement. Dans ce cas effectivement, le self défense ou la pratique
d'un art martial, c'est le mieux que la personne agressée puisse connaître.

Je ne comprends pas pourquoi ce n'est pas enseigné à l'école, tout comme le secourisme.

Pendant longtemps et encore aujourd'hui dans certains milieux on a appris aux enfants à obéir, à subir. Un enfant n'aura pas le réflexe de répondre à un coup porté par ses parents. Il intériorise
d'être frappé. Après ça rend encore + difficile voire impossible la défense en cas d'agression. L'enfant, le jeune, ne peut même imaginer qu'il puisse répliquer,et c'est particulièrement vrai des
filles, la violence subie étant généralement masculine que ce soit en famille ou à l'extérieur.
On critique bcp l'éducation où les enfants ont du répondant (c'est vrai qu'il y a des excès), d'un autre côté un enfant sait mieux aujourd'hui que la violence n'est pas permise sur lui.


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Je suis une sportive amateure un peu touche-à-tout et très accro... Quand je ne suis pas en short, je suis une fervente spectatrice. Mais le sport féminin c'est pas facile à suivre dans les médias: pour une femme, mieux vaut être mignonne que championne. Dans ces conditions, difficile de motiver les copines pour un footing....