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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 20:17

J'ai souvent été la seule fille.

Le cliché des machos qui défendent leur domaine a vécu. Il reste bien quelques abrutis, mais la plupart du temps, les sportives sont bien accueillies au sein d'un groupe masculin. J'ai souvent parlé de la sensation très gratifiante que procure le fait de pratiquer un sport "traditionnellement masculin". C'est encore plus gratifiant de le faire au sein d'un groupe de garçons. Les gars sont souvent très fiers d'annoncer qu'ils ont une femme parmi eux. Il y a encore quelques annees, toute à la joie d’être "une sacrée nana!", "une warrior", on en vient a considérer le très étrange "mais toi t'es pas vraiment une fille!" comme le compliment ultime.

Et moi qui croyait alors, femme parmi les hommes, brandir l’étendard du féminisme, je ne faisais en fait que desservir la cause.

Parce que je croyais qu'aimer me rouler dans la boue ou revenir avec des bleus faisait de moi quelqu'un de plus intéressant que si je faisais des saltos en justaucorps (en oubliant que j'ai jamais réussi un poirier)

Les filles c'est que des gonzesses, d'abord.

Parce que je croyais alors que moi seule avait su me libérer des préjugés pour pratiquer une activité qui me plaît vraiment, pas une qui m'ait été imposée par les stéréotypes (dire "stéréotypes" avec un mépris glacial).

MOI seule sait.

Parce que je croyais que pratiquer un sport "de mec" me plaçait au-dessus des autres.

Les trucs "de filles"? Juste bon pour les filles.

Bien contente qu'on ne me demande pas de trucs trop durs (gardien de but, les combats les plus longs, ouvrir les voies en tete...) sous prétexte que j’étais une fille (bonjour la warrior à deux balles, en fait) , je ne voyais pas que pour un statut de "princesse", j'avais un vestiaire pourri et que j'avais rarement voix au chapitre. Je sentais bien aussi que si je voulais garder ce statut de "chouchoute", je n'avais pas vraiment intérêt à ce que d'autres camarades féminines me rejoignent (je n'allais plus être la star...), sans vraiment comprendre le mécanisme à l'oeuvre: l'incessante concurrence entre femmes qui fait oublier toute vélléité de solidarité à celle qui s'est vue décerner quelques bons points par les hommes.

J'ai compris plus tard, d'un coup, tout ce que cette attitude avait d'égoïste et de sexiste.

 

Depuis, je suis souvent la seule fille.

Mais je tiens à mener l'echauffement, a faire gardienne de but à mon tour, et à porter le matériel. Je n'hésite plus à réclamer la balle quand je suis démarquée, ni à donner mon avis lorsqu'il y a conflit. ça a coincé au début, et puis ils s'y sont fait. Après tout, on obtient finalement le statut que l'on se donne soi-même...

Et j'emmène toutes les copines que je réussis à convaincre de venir. Je ne râle même pas (pas trop fort) si elles jouent mieux que moi (et ça arrive souvent). Peut-être même qu'un jour je mettrais un mouchoir sur ma fierté j'arriverai à les accompagner à la zumba malgré mon incapacité à reproduire un mouvement ...  Bon. Si les garçons viennent aussi alors.

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Gabrielle - dans Mixité
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Qui suis-je?

Je suis une sportive amateure un peu touche-à-tout et très accro... Quand je ne suis pas en short, je suis une fervente spectatrice. Mais le sport féminin c'est pas facile à suivre dans les médias: pour une femme, mieux vaut être mignonne que championne. Dans ces conditions, difficile de motiver les copines pour un footing....