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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 16:44

Bien sûr, le titre est provocateur puisque je suis convaincue qu'il faudrait atteindre la parité dans ce domaine, tout comme au niveau de l'encadrement. Le sport, ce n'est pas que les sportifs mais aussi tous ceux qui contribuent au bon déroulement de la pratique et partout il faut plus de femmes.

Cette question n'a donc peut-être pas lieu d'être posée mais certains y répondent tout de même. La manière dont est traitée le sujet par les médias me semble très représentative de la manière dont on voit les "pionnières", les femmes qui investissent des secteurs surmasculinisés.

http://www.footofeminin.fr/photo/1779649-2419176.jpg?v=1261516588

Source: Footofeminin.fr

 

L'Equipe.fr salue aujourd'hui la promotion au niveau Fédérale 3 d'une certaine Mme Finck de manière très neutre, si ce n'est l'allusion à son "beau sourire" qui n'est à mon sens pas un critère de sélection au sein du corps arbitral... Ce qui rappelle l'obstination des médias à vouloir toujours rassurer le public quant aux femmes qui osent s'aventurer dans des terres masculines: "rassurez-vous, elle est baisable!"

Par l'odeur du machisme ordinaire alléchée, j'ai un peu farfouillé sur le Net. J'ai trouvé ce billet de Football.fr qui nous expliquait doctement qu'une femme arbitre susicte beaucoup plus de courtoisie de la part des joueurs... quels gentlemen. La seconde partie, plus intéressante, donne la parole à une arbitre qui parle de la difficulté des tests physiques pour les femmes puisque ce sont les mêmes, mais que justement le fait de les avoir réussi suscite le respect au sein de la profession. Il en résulte, nous sommes d'accord, que s'il est normal de remplir les même minimas pour arbitrer des rencontres masculines, que les femmes arbitres ont un niveau physique un peu meilleur rapporté à leur sexe. Ce billet conclut que la présence des femmes peut s'avérer salutaire à l'heure où l'on manque d'"hommes en noir".

Ces 3 points me font penser à tant d'autres domaines où pour légitimer la présence de femmes on se sent obligé d'expliquer quels avantages on y trouverait. Enfin on remarque qu'on ne porte jamais autant attention aux femmes que dans les domaines que les hommes boudent et qu'il faut toujours faire ses preuves pour obtenir de la considération. J'en veux pour exemple ce texte à charge sur les erreurs d'une femme arbitre, que l'auteur transforme en véritable échec de l'arbitrage féminin entier: 'l'arbitrage féminin est-il hors-jeu?" demande-t-il. A l'image de nombreux patrons, qui, confrontés à une mauvaise expérience avec une collaboratrice, en concluent qu'ils n'embaucheront plus jamais de femmes.

Je préfère cet excellente interview d'une arbitre de hand sur la formation des arbitres et les préjugés que rencontrent les femmes (week-ends occupés considérés comme problématiques pour elles mais pas pour les hommes, etc...) . Elle souligne que leur préparation doit être légèrement adaptée car à la différence des hommes elles évolueront dans un environnement qui ne réagira pas de manière neutre à leur présence.

En fait, il faut des femmes arbitres pour les mêmes raison qu'il faut des femmes médecins, des femmes mathématiciennes, des femmes plombier et des femmes policier. Car nous vivons dans un monde composé pour moitié d'hommes et moitié de femmes.

 

 

 

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Published by Gabrielle - dans Mixité
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commentaires

karine 13/10/2010 11:30


Bonjour,

Je pense que les femmes peuvent faire d'excellentes arbitres...et ceci même dans les sports " masculins". Après celà demande effectivement une bonne formation. En HandBall celà a toujours été la
politique fédérale.

A bientôt


Pascal 10/10/2010 20:49


Pour Colina, oui ... c'était sa marque de fabrique


Gabrielle 10/10/2010 20:45


merci Pascal.
quand même,... "la longue chevelure blonde et bouclée"... dit-on "la boule à zéro luisante" des arbitres hommes? ;)


Pascal 10/10/2010 20:27


Hello, sur le même thème, voilà un papier que j'avais écrit et paru dans L'Equipe en août 2003...

La femme en noir


CE SOIR, LA RENCONTRE opposant les Suédois de l'AIK Stockholm et les Islandais de Fylkir, en match aller du tour préliminaire de la Coupe de l'UEFA, entrera dans l'histoire des Coupes d'Europe.
Pour la première fois, c'est en effet une femme, la Suissesse Nicole Petignat, qui officiera comme arbitre de champ. Si des femmes avaient déjà fait leur preuve comme assistantes avec notamment les
Françaises Nelly Viennot, Corinne Lagrange et Ghislaine Labbe, aucune n'avait eu la charge d'une rencontre de football d'un tel niveau. « Si j'ai été nommée pour ce match, c'est aussi grâce aux
arbitres assistantes françaises, note d'ailleurs l'élue. Si elles n'avaient pas été à la hauteur lors des matches européens où elles ont officié, l'UEFA ne m'aurait sans doute pas confié cette
rencontre. »

Arrivée au sifflet pour accompagner sa soeur jumelle qui ne voulait pas suivre seule les cours d'arbitrage, Nicole Petignat, trente-six ans, a depuis franchi toutes les étapes. En mai 1999, elle
réalisa déjà une grande première en arbitrant en Division 1 suisse hommes. Elle s'est depuis installée dans le paysage helvétique de l'arbitrage. Dans le cadre d'échanges entre les Fédérations, la
Jurassienne oeuvre aussi régulièrement en D 1 autrichienne. Dans le monde du football féminin, certains l'ont même surnommée « la Collina du sifflet » (mais avec une longue chevelure blonde et
bouclée en plus), la jugeant aussi incontournable et compétente que son homologue masculin italien. En novembre dernier, elle croisa la route des Françaises lors du barrage retour face à
l'Angleterre remportée par les Bleues à Saint-Étienne (1-0). Le 10 juillet 1999, elle eut aussi le privilège d'arbitrer la finale de la Coupe du monde femmes devant 90 185 spectateurs.

« Les joueurs protestent comme avec un homme »


Pionnière au sein des femmes arbitres, Nicole Petignat, contrainte aux mêmes tests physiques que ses homologues masculins, est aujourd'hui devenue une porte-drapeau. « Je ne veux pas faire du
féminisme. Mais si ça peut montrer la voie à d'autres femmes, tant mieux », explique-t-elle. En France, où l'arbitrage de champ féminin fut longtemps un désert, certaines jeunes arbitres montent
peu à peu dans la hiérarchie. Sarah Girard, trente ans, outre les compétitions internationales femmes majeures, siffle désormais en CFA 2 hommes. Noëlle Robin, vingt-huit ans, y aspire
également.

Ce soir, Nicole Petignat sait pourtant que son statut de femme ne l'aidera pas forcément dans sa tâche. La Suissesse, par ailleurs physiothérapeute dans un centre de fitness, n'attend pas de
traitement de faveur. « Je veux que l'on me considère avant tout comme un arbitre et non comme une bête curieuse, insiste-t-elle. En Suisse et en Autriche, lors de mes premiers matches, les joueurs
étaient peut-être un peu plus curieux à mon égard. Aujourd'hui, il n'y a plus aucune différence dans leur comportement. Une fois, en Autriche, j'ai sifflé un penalty au bout de dix minutes puis un
second cinq minutes après. Je peux vous assurer que les joueurs ne m'ont plus vue comme une femme mais comme un arbitre. Si je fais une erreur, ils protestent comme avec un homme. Peut-être même
plus car certains doivent penser que je ferais mieux d'aller m'occuper de ma cuisine. »

Depuis sa nomination pour AIK-Fylkir, les sollicitations ont afflué. Les journaux suisses se sont bien sûr manifestés mais aussi une radio australienne, BBC News, des Allemands, des Autrichiens… «
Je n'arrête pas, confie-t-elle. J'aurais préféré être la deuxième, cela aurait été plus calme ! Cette notoriété, je ne l'ai pas cherchée. J'aime bien mon anonymat. Et sincèrement, j'espère ne pas
voler la vedette aux joueurs. Ce sont quand même eux qui font le spectacle. » Pourtant, ce soir, au moment du coup d'envoi, tous les objectifs seront sans aucun doute dirigés sur la Suissesse.


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Qui suis-je?

Je suis une sportive amateure un peu touche-à-tout et très accro... Quand je ne suis pas en short, je suis une fervente spectatrice. Mais le sport féminin c'est pas facile à suivre dans les médias: pour une femme, mieux vaut être mignonne que championne. Dans ces conditions, difficile de motiver les copines pour un footing....