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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 08:00

Ce billet, là, appelait bien sûr une antithèse car la question de la mixité n'est peut-être pas si simple, et on ne peut finalement pas se réduire à une bataille de gentils républicains VS infâmes réacs comme je l'ai longtemps cru.

 

Ce qui m'a le plus perturbée, c'est conjointement cette expérience menée en Suède dans une maternelle et rapportée dans Le Monde (maintenant l'article n'est plus en accès libre).

 

Elle consiste à ménager des plages horaires de récréation où garçons et filles sont séparés. On avait remarqué, même en Suède, que lorsque la récréation était mixte les enfants adoptaient des comportement sexués: les filles jouaient sagement à la poupée à l'intérieur tandis que les garçons envahissaient les toboggans. Et lorsqu'on les sépare, magique: les filles réinvestissent l'espace de la cour jusque là occupés par les garçons, et ceux-ci jettent leur dévolu sur la dînette. Personnellement, je n'ai jamais hésité à jouer à la bagarre dans la cour, mais il me semble clair que l'opposition féminité - virililté est sociale: les garçons ne font pas ce que font les filles. Ajoutez-y les stéréotypes dispensés par les parents, et hop! Dans cette optique, séparer de temps en temps les sexes me semble adapté.

 

Et en EPS? L'intérêt pourrait être le même: se libérer un moment de l'"influence" du sexe opposé pour apprécier le sport, sans complexes d'infériorités de part et d'autres. Un exemple assez parlant est celui des courses exclusivement féminines qui se multiplient. Je n'aime pas forcément tout, car souvent les organisateurs en rajoutent sur le côté "fifille", mais force est de constater que cela amène beaucoup de femmes à courir. Même si ce n'était pas ma première course, celle qui m'a donné le déclic c'était la Toulousaine, en 2006. Je m'en rappelle encore, tiens... ce qui m'avait plu c'était la distance courte, et le mot d'ordre: "vous allez y arriver!" J'ai adoré l'ambiance de solidarité qui régnait (même si les autres courses sont comme ça aussi!)

Les femmes qui débutent par ces courses féminines le font pour accompagner des copines, pour rigoler, et parce que l'image du coureur aux os saillants, tout fluo, concentré sur son cardio, la mâchoire serrée... les découragent de commencer par des courses mixtes. Je le sais, j'étais pareil (et maintenant, je suis toute fluo avec un cardio mais je suis tout de même gentille).

Vous l'avez compris, l'intérêt de la non-mixité, pour moi, serait de mettre en confiance, pour faire ses armes sans regard dévalorisant ou l'impression de ne pas être à sa place. Idéal pour démarrer donc, dans la vie ou dans un  nouveau sport, à condition d'accepter de passer à la mixité à un moment donné.

 

J'ai adoré mon judo mixte, mais j'aime mon foot exclusivement féminin; au collège j'ai regretté d'apprendre le hand avec les garçons, mais je suis ravie d'avoir joué au rugby avec eux à l'université...

Il y a beaucoup à dire sur la question, ainsi "Mixité" sera le nom d'une nouvelle catégorie d'articles sur Entrées en Lice, histoire de creuser la question. Ce n'est pas fini, donc!

 

http://www.courselatoulousaine.com/sites/courselatoulousaine.com/files/petite-toulousaine.jpg

Crédit photo: la Toulousaine

 

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Published by Gabrielle - dans Mixité
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commentaires

Gabrielle 23/09/2010 15:14


bienvenu Emmanuel(le),

je suis tout à fait d'accord avec ça, imposer des sports selon le sexe me semble le meilleur moyen de saper la confiance en soi. moi j'étais très nulle en gym au sol et en GRS, deux sports "de
filles" par excellence...

en fait, il me semble que la non-mixité peut être intéressante pour "inverser", pour initier des filles au foot ou des garçons à la gym.


emmanuel(le) 23/09/2010 13:58


En sport scolaire, ayant été une fille manquée qui a souffert de la non-mixité, il serait bien qu'on tolère des exceptions aux groupes sportifs non mixtes, qu'un garçon puisse aller pratiquer les
activités du groupe des filles et réciproquement, s'il ou elle en a envie et que le groupe l'adopte. Ca éviterait des échecs scolaires, des problèmes d'estime de soi, des jeunes qui n'aiment pas
leur corps. A la place des sports d'équipe médiatiques qui m'ont profondément gonflé(e), je me serais certainement éclaté(e) si j'avais pu faire de la gymnastique rythmique par exemple. J'ai eu le
bonheur de pouvoir en faire un peu, plus tard à l'université.


Gabrielle 14/09/2010 17:03


je me rappelle des cours de judo: le respect de l'adversaire est vraiment une composante essentielle et un très bon point de départ pour les relations filles-garçons en entraînement.
en plus ça peut paraître tout bête mais le fait que tout le monde soit en kimono nous met tous à égalité (je n'ai pas dit uniformité!)


andré 14/09/2010 16:04


Pour les sports qui sont pratiqués en volontaire hors du milieu scolaire la mixité est plus facile à organiser, surtout dans des disciplines où la discipline est très forte: c'est justement le cas
des arts martiaux où l'encadrement est très sévère, avec une discipline à l'ancienne et où a priori, tout comportement macho agressif serait sanctionné par le(a) professeur(e).


Gabrielle 13/09/2010 13:23


André, oui, ce ne serait pas mal.
un de mes coachs m'avait dit que ses joueuses ados se blessaient plus facilement, pas parce qu'elles étaient plus fragiles mais justement parce que toutes petites on leur fait moins faire de sport
que les garçons.
le duo fille-garçon me semble intéressant aussi, mais alors dans les petites classes, ou dans les sports où les filles peuvent tirer leur épingle du jeu (raquettes, endurance, escrime...)


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Je suis une sportive amateure un peu touche-à-tout et très accro... Quand je ne suis pas en short, je suis une fervente spectatrice. Mais le sport féminin c'est pas facile à suivre dans les médias: pour une femme, mieux vaut être mignonne que championne. Dans ces conditions, difficile de motiver les copines pour un footing....